Témoignages

Témoignage d'un Frère Néerlandais

Pourquoi et comment suis-je devenu Franc-Maçon?

Ma curiosité pour la philosophie m'est venue pendant mes dernières années de collège à Amsterdam.
Comme étudiant à l'Université Technique à Delft, je disposais encore de plus de temps pour lire et échanger avec mes amis des propos sur des sujets qui me passionnaient déjà comme adolescent.
Après mon diplôme d'ingénieur, mon mariage et le service militaire, j'ai été engagé par un organisme chargé du développement des piles atomiques au Pays-Bas ; j'étais occupé par beaucoup des choses, mais pas par mes intérêts d'autrefois.
Je me sentais en danger de perdre contact avec mes aspirations de jeunesse.
Par chance j'ai pu partager mon souci avec un ancien ami. Celui-ci m'a dit : " Je suis devenu Franc-Maçon et je pense que toi tu y trouverais l'appui qui te manque. "
Je posais donc ma candidature, et déjà la discussion avec la commission de candidature me donnait espoir et confiance.
L'initiation dans la Loge " De Noordstar " à Alkmaar - en 1959, j'avais 28 ans - était impressionnante par son contenu, son exécution et sa réception fraternelle.

Que m'a apporté mon entrée dans la Loge " De Noordstar "?

La Loge à Alkmaar - une petite ville à l'époque - était, et est encore, dynamique et composée de Frères de toutes professions. J'étais frappé par la fraternité qui régnait entre les F.'.F.'., ainsi que de la volonté d'écouter et de comprendre les nouveaux F.'.F.'. pour les intégrer dans les meilleures conditions possibles.
Les thèmes traités étaient variés et chaque semaine je me ressourçais ainsi.

Comment ai-je vécu mon intégration dans la Maçonnerie à Genève ?

Dans ma Loge à Alkmaar, j'avais reçu le grade de Maître Maçon.
Venu à Genève fin 1962 pour travailler au CERN, j'avais la possibilité de visiter les Loges de la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA).
[Ici, une brève explication peut être utile pour des profanes.
Dans chaque pays existe une Grande Loge dans laquelle les Loges qui travaillent selon la Constitution de la Grande Loge Unie d'Angleterre sont réunies. Les Grandes Loges ont des relations entre elles, elles se reconnaissent comme pratiquant la Maçonnerie régulière.
La Grande Loge des Pays-Bas ayant des relations avec la GLSA, je pouvais, avec mon passeport maçonnique, visiter les Loges régulières à Genève.]
En restant membre de ma Loge à Alkmaar, je visitais donc quelques Loges dans lesquelles j'étais toujours fraternellement reçu.
La manière dont la Loge " l'Union des Cœurs " travaille me convenait le mieux : de tradition chrétienne, mais non dogmatique et avec un respect certain des opinions de chacun de ses membres.
En plus, la Loge avait - et a encore - plusieurs membres d'origine étrangère à la Suisse.
Mon intégration dans cette Loge a pris un certain temps. Avec quelques F.'.F.'. j'ai pu nouer des contacts et, après quelque temps, l'intégration a été consommée.

Un étranger à Genève !

Genève est la ville des organisations internationales. Les possibilités pour le personnel de ces organisations de rencontrer et de fréquenter les habitants de la Cite sont très limitées. Il y a souvent la barrière de la langue.
Mes connaissances de la langue française étaient scolaires et l'accent était un handicap.
Mais la Maçonnerie a, elle, un langage de rituels que le Maçon comprend vite.
La fraternité et la tolérance rendent les contacts plus faciles.
Grâce à mon appartenance à " l'Union des Cœurs ", j'ai pu mieux comprendre l'esprit suisse, et genevois en particulier.

La Maçonnerie a-t-elle " changé " ma vie ?

Je préfère dire que la Maçonnerie a orienté ma vie. Orienté vers une quête de la vérité.
Mes participations aux réunions et séances au Temple me stimulent afin de poursuivre mes recherches et de me nourrir spirituellement.
Les enseignements maçonniques me donnent des repères utiles à mon comportement, ils sont là comme une aide précieuse dans mes hésitations et lorsque je me pose des questions primordiales.
La F.'.M.'. m'a ouvert vers une plus grande écoute d'autrui, ainsi que d'être plus tolérant envers mon prochain.
Le but premier en définitif est de se connaître soi-même en profondeur et de réaliser, pas à pas, une transformation de son être intérieur.
Pour progresser dans ma quête, j'ai éprouvé le besoin d'étendre ma recherche en parcourant différents chemins. La psychologie et la religion sont mes domaines préférés.
Mes activités au sein de la Loge ont contribué à nouer des liens d'amitiés avec bon nombre de F.'.F.'.. Ces amitiés se sont prolongées par des relations chaleureuses avec les familles des membres.

Que puis-je encore attendre de la Maçonnerie ?

La Maçonnerie fait partie de ma vie, et je suis heureux qu'il en soit ainsi.
Je souhaite que les options et l'orientation de la Maçonnerie suisse se dirigent davantage vers les questions de société, vers l'oeuvre de bienfaisance, vers les actions humanitaires. II est vrai que malgré des moyens financiers limités, les Loges font un effort dans ce sens, et en particuliers la Loge " l'Union des Cœurs ". II n'en reste pas moins que l'engagement personnel de tout Maçon est indispensable, tant sur le plan de son engagement personnel que celui de sa participation aux oeuvres humanitaires.


Témoignage d'un frère genevois

Démarche d'un Franc-Maçon encore jeune à " l'Union des Cœurs "

Il n'était que compagnon, celui qui m'a fait connaître la Maçonnerie. Son grade ne lui permettant pas de me parrainer, j'ai donc eu deux parrains, l'un, de coeur et l'autre, responsable devant la Loge.

Au départ, je n'avais aucune idée bien définie sur la Maçonnerie, à part celle indiquée par mon parrain (camarade d'école d'abord, ensuite relation professionnelle). Ce fut pour moi une réelle découverte, dans cette vie autre que celle du travail, de la famille, du sport, et de la vie avec mes deux filles de 10 et 8 ans.

Elle m'a apporté travail en Loge, fraternité au Collège des officiers, et participation au rituel.
Elle a changé ma vie, transformé mon être, surtout sur le plan de la spiritualité, m'a permis d'appréhender d'autres religions ou philosophies (Bouddhisme), en suivant le chemin de la F.'.M.'. .

A l'époque de mon initiation, en 1968, année du 200ème anniversaire de " l'Union des Cœurs ", nous étions moins bien informé sur le R.E.R., qui est un rite chrétien.
Une condition : être chrétien pour présenter sa candidature.

Ce fut là, pour moi, le début de la connaissance de moi-même, de mon développement personnel et de mon élévation spirituelle. Je me suis immergé dans le symbolisme de l'architecture gothique et romane, et l'ai compris aussi lors de mes voyages en Israël, en Jordanie, en Syrie, en Egypte et aux Indes. En effet, ce ne pouvait être la fiscalité, la finance ou la bourse qui m'auraient permis d'avoir cette évolution.
Également, cela m'a permis d'être moins introverti et plus généreux avec mes deux filles, en appliquant parfois la Règle Maçonnique du R.E.R..

Je crois sincèrement que je ne serais pas aussi bien dans ma peau, malgré un certain réalisme, sans cette aventure de la Maçonnerie.

Et encore plus d'amour pour l'Humanité.